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mardi 7 décembre 2010

Lutte contre la déforestation : l’affaire de tous




A la veille de Noël où le sapin est mis à l’honneur, l’ADEME prodigue quelques conseils pour verdir ces fêtes de fin d’année. Chaque année, ce sont près de six millions de sapins qui intègrent les salons des Français. Parmi ce chiffre, ce sont 5 millions de sapins naturels dont 80% sont issus d’exploitations françaises. Les sapins naturels restent selon l’ADEME la solution à privilégier, les sapins en plastique ou en métal, même s’ils sont réutilisables chaque année, étant fabriqués à l’autre bout du monde en des matériaux non recyclés. Mais si le sapin reste à l’honneur durant ces fêtes de noël, ce n’est pourtant pas cet arbre qui est au cœur des discussions. En effet, le Sommet de Cancun réunit l’ensemble des Etats pour traiter des enjeux liés au climat parmi lesquels se trouve l’enjeu de la déforestation. Parmi les principales causes de la déforestation, ce ne sont évidemment pas les sapins de noël mais la culture de l’huile de palme. Considérant la croissance de la production d’huile de palme, notre « beau sapin » pourrait bien se voir détrôner par le palmier. Retour sur l’actualité relative à la déforestation.

Si le Sommet de Nagoya a permis de prendre des engagements au niveau international sur la protection des forêts, le président brésilien est relativement pessimiste en ce qui concerne le Sommet de Cancun. Il regrette notamment l’absence des chefs d’Etat des principaux pays concernés par le réchauffement climatique, sans qui aucun véritable engagement ne peut être décidé, ainsi que le manque d’empressement de leur part à financer la lutte contre la déforestation. Le président Luiz Inacio da Silva place la lutte contre la déforestation parmi ses priorités et s’est engagé à réduire de 39% ses émissions de GES et à réduire la déforestation de 80% d’ici 2020. La déforestation est la cause de 20% des émissions mondiales de CO2, plaçant ainsi le Brésil en 4e position parmi les principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre.
Le Sommet de Cancun est en outre l’occasion pour les pays du Sud d’avancer sur le processus du REDD+ qui leur permettrait de combattre la déforestation et de s’adapter aux conséquences du changement climatique grâce à la constitution d’un fonds de 30 milliards de dollars d’ici à 2012. Plusieurs sources de financement sont à l’étude parmi lesquelles la mise en place d’un fonds multilatéral ou d’un système basé sur le marché du carbone. Le financement par le recours au marché carbone reste cependant vivement critiqué par certaines ONG telles que Friends of the Earth : cette dernière craint que les pays industrialisés privilégient la compensation à la réduction des émissions de carbone et redoute une dévalorisation du prix du carbone qui irait en faveur des industries dépassant leurs quotas. Enfin, elle craint une privatisation des ressources naturelles par les pays du Nord aux dépens des populations locales qui ne profiteraient pas des profits générés par le programme de reforestation.

Mais ce programme de reforestation semble selon Greenpeace être mis à mal par le lobby des industries d’huile de palme. En effet, les producteurs d’huile de palme et de pâte à papier ont prévu de tripler leur production d’ici à 2020, un objectif qui pourrait être menacé par les projets du REDD. Greenpeace a ainsi révélé dans l’un de ses rapports dénommés « REDD Alert » que les industriels prévoiraient de jouer sur les ambiguïtés existantes dans certaines définitions : ainsi, les productions d’huile de palme entreraient dans le cadre de la réhabilitation des forêts en terres dégradées et pourraient dès lors bénéficier des fonds prévus à la reforestation. Rappelons-le, l’Indonésie fait partie des pays les plus touchés par la déforestation, une catastrophe environnementale qui fait la fortune de certains : les 40 hommes les plus riches de l’archipel doivent leur fortune aux exploitations des mines de charbon et d’huile de palme.

La lutte contre la déforestation constitue depuis longtemps l’une des priorités des ONG environnementales. Elles ont notamment pour objectif d’alerter l’opinion sur les origines de la déforestation parmi lesquelles, les cultures d’huile de palme par les industriels. Cette huile bon marché, plus connue sur les étiquettes sous le nom « d’huile végétale » se retrouve en effet dans de nombreux produits de consommation courante. Ainsi, Greenpeace a dénoncé ces pratiques industrielles en prenant pour cible l’un des géants de l’alimentaire, Nestlé : on se souvient ainsi d’une vidéo diffusée sur Internet qui montrait un employé d’entreprise mangeant des doigts d’orang-outan soigneusement emballé dans un sachet Kitkat. Le buzz a fonctionné, Nestlé ayant depuis renoncé à acheter de l’huile de palme. De la même façon, d’autres entreprises ont également cessé à utiliser cette huile végétale parmi lesquelles le groupe Findus, Burger King ainsi que le distributeur Casino en mars dernier. Le groupe Ferrero quant à lui refuse de se passer de cette huile, indispensable à la conception de ses produits alimentaires. Cependant, Ferrero a d’ores et déjà exclu l’achat d’huile de palme issue d’Indonésie et s’est engagé à s’approvisionner petit à petit en huile de palme certifiée durable par le « Roundtable on Sustainable Palm Oil » (RSPO) créé par le WWF.

L’engagement des entreprises ne se limite pas à l’utilisation de l’huile de palme. En effet, on peut notamment citer l’exemple de Castorama qui s’est vu récompensé par le FSC International pour son implication relative à la certification et la promotion de ce label. Cette récompense est certainement le fruit d’un partenariat actif avec WWF qui l’accompagne dans l’élaboration de sa stratégie Bois.

Par ailleurs, le 30 juin dernier, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) a présenté le Club Carbone forêt-bois dont l’objectif est de valoriser le carbone stocké dans les forêts françaises et les produits à base de bois. Ce club a pour objectif de réunir l’ensemble des acteurs français, publics et privés, souhaitant réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) par le biais des forêts françaises : pouvoirs publics, acteurs financiers, les gestionnaires des forêts, et, notamment, les entreprises souhaitant compenser leurs émissions de GES via des projets forêt-bois au niveau national. Ainsi, on peut notamment citer comme intervenants, la CDC Climat, l’Office National des Forêts (ONF et ONF International), le FCBA, l’ASFFOR, etc.


Le sommet de Cancun, qui prendra fin le 10 décembre prochain, est par ailleurs l’occasion pour France 5 de diffuser le documentaire de Patrick Rouxel dénommé « Green » qui, à travers l’histoire d’un orang-outan alerte l’opinion sur les conséquences liées à la déforestation. La lutte contre la déforestation est en effet l’affaire de tous : elle concerne aussi bien les Etats qui doivent financer les projets de reforestation ; les entreprises par le biais, notamment, de leurs politiques d’achats ; les ONG environnementales qui, notamment, dénoncent les dérives relatives à la gestion du bois ; et enfin des consommateurs via des comportements d’achats responsables.


Sources et compléments d’informations :

Le Monde, « La conférence de Cancun sur le climat "ne va rien donner", estime Lula » (01/12/2010)
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/12/01/la-conference-de-cancun-sur-le-climat-ne-va-rien-donner-estime-lula_1447688_3244.html

20 Minutes, « Sommet de Cancun: d'abord pour lutter contre la déforestation » (29/11/2010)
http://www.20minutes.fr/article/630777/planete-sommet-cancun-abord-lutter-contre-deforestation#xtor=RSS-148
Courrier International, « De l'huile qui fait des milliardaires » (06/12/2010)
http://www.courrierinternational.com/breve/2010/12/06/de-l-huile-qui-fait-des-milliardaires

Greenpeace, « L’accord historique de protection de la forêt indonésienne mis en péril par l’industrie » (23/11/2010)
http://forets.greenpeace.fr/laccord-historique-de-protection-de-la-foret-indonesienne-mis-en-peril-par-lindustrie

Vidéo Youtube, « Greenpeace dénonce Nestlé, qui contribue à la déforestation en Indonésie »
http://www.youtube.com/watch?v=hgcHTHGu5tA

Actu-Environnement, « La CDC lance le Club carbone forêt-bois pour valoriser la séquestration du CO2 par la filière forestière » (01/07/2010)
http://www.actu-environnement.com/ae/news/cdc-bois-fond-sequestration-10592.php4

Sciences et Avenir, « Mon beau sapin... végétal ou artificiel pour ce Noël ? » (02/12/2010)
http://www.sciencesetavenir.fr/depeche/nature-environnement/20101130.AFP6560/mon-beau-sapin-vegetal-ou-artificiel-pour-ce-noel.html

WWF, « Castorama récompensé par le FSC International pour la promotion faite de ce label » (25/10/2010)
http://www.wwf.fr/partenariats-entreprises/actualites-de-nos-partenariats/castorama-recompense-par-le-fsc-international-pour-la-promotion-faite-de-ce-label

jeudi 29 octobre 2009

A Story of Stuff, le processus de consommation expliqué aux petits et grands


"A Story of Stuff" - Voici une vidéo qui explique de façon claire et ludique la problématique liée à l'impact de notre consommation sur l'environnement. A première vue, on croirait une vidéo qui s'adresse uniquement à une population jeune... mais à première vue seulement car cette vidéo s'adresse à tout consommateur que nous sommes. C'est une histoire de consommation narrée par Annie Leonard, à nous d'en écrire la suite... Prenez des notes et consommez différemment!

Lien - vidéo sous-titrée en français : http://www.storyofstuff.com/international/

lundi 29 juin 2009

Environnement : les banques sont encore montrées du doigt par les ONG


Depuis la transformation du Codevi en LDD, les banques semblent avoir adopté un comportement plus responsable, plus respectueux de l’environnement. Elles ont engagé des campagnes de communication notamment par le biais d’Internet (ex : la Banque populaire avec le site developpementdurable.banquepopulaire.fr), elles ont développé des produits adaptés (prêts verts, fonds ISR,…), et se sont même engagées dans des campagnes de sensibilisation adressées à leurs salariés (ex : HSBC avec la nomination d’un salarié référent dénommé « Climate Champion », remboursement des abonnements velib’ ou bien même, organisation d’une journée pour nettoyer certains sites). Mais au-delà des apparences, il semble aussi subsister des zones d’ombres… que les ONG n’ont pas hésité à relever. Car derrière toutes ces campagnes de communication, certaines banques financent des entreprises dont l’activité ne répond pas à l’éthique et aux valeurs qu’elles peuvent véhiculer.
Ainsi, la BNP Paribas avance la phrase qui suit dans son rapport de Développement Durable :

« Avec l’Institutional Investors Group on Climate Change (IIGCC) et le Carbon Disclosure Project, BNP Paribas Asset Management oeuvre à la prise en compte de l’enjeu du changement climatique dans les décisions d’investissement. BNP Paribas Asset Management est aussi membre fondateur de l’Enhanced Analytics Initiative (EAI) à travers laquelle le Groupe a pris la décision d’attribuer 5 % de ses budgets de commission au développement de l’analyse extra-financière. BNP Paribas participe au mouvement britannique Business in the Community (BITC) qui regroupe plus de 700 entreprises et dont l’objectif est de promouvoir le comportement responsable des entreprises dans la société. »

http://media-cms.bnpparibas.com/file/66/6/bnp_rse_complet.6666.pdf

Mais aucune ligne ne traite du financement du projet de construction d’une centrale nucléaire à Belene en Bulgarie… sujet très controversé et pour cause, il s’agit d’une zone sismique…

Des ONG de différents pays européens (parmi lesquelles on peut retrouver « Les Amis de la Terre ») ont ainsi réalisé un site Internet permettant de lister les financements peu éthiques et très controversés des banques qui se disent respectueuses de l’environnement. Parmi les banques françaises figurent BNP Paribas, Société Générale et le Crédit Agricole. Les internautes, en allant sur ce site, peuvent ainsi soutenir l’action des ONG en envoyant un message type à leur banque. Les ONG incitent les clients à interroger leur banque (mais le conseiller est-il le bon interlocuteur pour répondre à ce genre de questions ????), et à se rediriger vers des banques plus éthiques.

Les banques auraient-elles ainsi un double visage ? Le discours des banques concernant l’environnement correspond-il réellement aux valeurs de l’entreprise ou n’est-il qu’un simple outil de communication…erroné?

http://www.secretsbancaires.fr/#/fr

jeudi 18 juin 2009

L'Assemblée dit "oui" au Grenelle 1


Le projet de loi « Grenelle 1 » a été adopté à la quasi unanimité : 466 voix pour, 5 contre et 21 « blancs ». Le Grenelle 1 est établi afin de définir les grandes orientations du Grenelle. Après une première lecture en octobre 2008, le texte a été transmis au Sénat pour relecture. Il est ensuite revenu entre les mains de l’Assemblée en ce mois de juin afin qu’il soit définitivement adopté. Cette étape franchie, l’Assemblée pourra se concerter sur le projet « Grenelle 2 » dès septembre prochain. Le « Grenelle 2 » est un texte de loi visant à déterminer des objectifs précis pour la mise en place des orientations prévues dans le « Grenelle 1 »…

Si les associations et ONG s’enthousiasment du vote quasi unanime de l’Assemblée en faveur du « Grenelle 1 », elles accusent une lenteur de la part de ces institutions concernant l’étude de ces textes de loi.


jeudi 11 juin 2009

Le Grenelle de la mer : passage à la 2e étape


4 groupes de travail composés d’ONG, d’Elus, de représentants de l’Etat et de syndicats de salariés et d’employeurs ont établi un ensemble de 500 propositions susceptibles de constituer le Grenelle de la mer. Un rapport a été remis hier au ministre de l’Energie, de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Aménagement du territoire, Jean-Louis Borloo. Ces propositions vont être désormais soumises à une consultation publique pour validation courant juin pour donner lieu en juillet à une table-ronde pour débattre sur ce dernier. L’intérêt d’un tel Grenelle est d’inclure les préoccupations liées au développement durable dans les activités maritimes et du littoral.

http://www.legrenelle-mer.gouv.fr/spip.php?rubrique38

mercredi 10 juin 2009

Ouverture d’un débat sur le projet de « contribution climat »


Le débat sur la création d’une contribution climat-énergie a officiellement commencé. Un livre Blanc est ainsi ouvert à la discussion jusqu’au 24 juin et donnera lieu à une rencontre entre experts le 2 et 3 juillet prochain. La contribution climat consisterait à inclure une « taxe environnementale », sorte de « bonus-malus » délivré en fonction de l’impact du produit acheté sur l’environnement (notamment, taxation de la consommation d’énergies fossiles). Cette mesure viserait aussi bien les entreprises que les particuliers. La contribution climat-énergie ne devrait pas être mise en place avant la loi de finance 2011.

lundi 18 mai 2009

En ligne pour ta planète, 3e édition, du 9 au 11 juin prochain



« En ligne pour ta planète » est un site Internet qui donne régulièrement rendez-vous aux internautes pour qu’ils puissent dialoguer en ligne avec des chefs d’entreprises, des associations, ainsi qu’avec des ONG sur les questions ayant trait au développement durable. C’est une occasion de débattre et de les questionner sur leur engagement. Bref, de quoi satisfaire la curiosité de tout internaute qui se pose des questions sur cette notion de « développement durable » dont on entend beaucoup parlé mais qui reste flou pour un bon nombre d’entre eux.

En novembre dernier, les internautes ont pu dialoguer avec notamment Bernard Hérodin, DG de Eco-Emballages, avec Jacques Rocher, Directeur du Développement durable et Prospective du groupe Yves Rocher, avec des représentants de Danone Eaux France, ainsi qu’avec des organismes tels que Greenpeace et WWF. Bref, des intervenants de choix qui, à travers ces chats, font preuve de transparence et de disponibilité en expliquant aux consommateurs et citoyens que nous sommes l’objet de leurs actions.
Rendez-vous le 9 juin !

« En ligne pour ta planète » est une initiative de Canalchat Grandialogue, créateur de site d’intermédiation.

Compte-rendu de la 2eme édition: http://www.enlignepourtaplanete.com/index.php?jour=Mardi

RDV le 9 juin sur: http://www.enlignepourtaplanete.fr/

jeudi 14 mai 2009

Premier Salon Santé Environnement à Paris du 15 au 17 mai


L’environnement n’est pas seulement l’affaire des industries énergétiques. Et le secteur de la santé l’a bien compris comme nous le démontre l’ouverture du premier Salon Santé Environnement dès le 15 mai prochain. Ce salon réunira aussi bien les médecins que les chefs d’entreprises ainsi que le grand public. Quatre principaux thèmes seront abordés : l’Alimentation et la Santé ; Energie, Transport et Santé ; Habitat et Santé ; Nouvelles technologies et Santé. La première journée sera marquée par l’intervention de Chantal Jouanno, la secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, qui soutient cette initiative permettant de faire prendre conscience à l’ensemble des acteurs des interactions existantes entre Santé et Environnement.

mardi 12 mai 2009

Entreprise/Environnement : SAP fait l’acquisition de Clear Standards


L’éditeur informatique allemand SAP a fait l’acquisition de l’éditeur américain Clear Standards, spécialiste des solutions Green IT. L’opération devrait être bouclée courant juin prochain. Par cette opération de croissance externe, SAP fait un pas vers le développement durable. En effet, Clear Standards base son activité sur l’élaboration de logiciels visant notamment à la gestion des émissions de CO2 par l’entreprise et à créer des rapports d’activité sur son empreinte carbone. Cette technologie permettra à SAP de développer de nouvelles solutions « green » comme a pu le laisser entendre la direction française fin mars.

lundi 11 mai 2009

Droit/Environnement: Un nouveau décret pour le photovoltaïque


Les projets de construction de centrales photovoltaïques se multiplient… mais en parallèle, des contradictions persistent au niveau juridique. C’est pourquoi les professionnels du secteur ainsi que le gouvernement ont souhaité que le cadre administratif soit redéfini.

Ce nouveau décret prévoit :
- que les professionnels se prémunissent d’un permis de construire et réalisent au préalable une étude d’impact et une enquête publique, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

- une simplification des procédures concernant les appels d’offres (réduction des délais). Cela implique une modification du décret n°2002-1434.

- une obligation de déclaration et de récépissé de déclaration par l’Etat pour chaque nouvelle installation photovoltaïque d’une puissance de moins de 250 kw.